Nous avons déconfiné notre cerveau droit

On l’a tous vu, on l’a tous entendu. Les médias en ont tous parlé. Les 2 mois que nous avons passés confinés ont eu un impact inattendu sur notre créativité. Dans le monde entier, notre cerveau droit s’est mis en marche. Des idées incroyables ont envahi les réseaux sociaux. Et alors que tout était à l’arrêt, bizarrement on a tous ressenti une effervescence d’idées aussi fortes qu’inattendues.

TIK TOK n’a jamais été aussi créatif et addictif, les fenêtres de nos appartements sont devenues des salles de spectacles, le Gettymuseumchallenge a généré des millions d’impressions (……)

Alors oui, les marques et les agences de pub ont pour certaines formidablement fait leur travail et ont su communiquer pendant le confinement avec humour et intelligence. On peut citer Burger King et ses Whopper à faire soi-même ou encore DDB pour Honda mais ce qui est vraiment impressionnant c’est que la plupart des idées qui ont frappé la partie limbique de notre cerveau ne provenaient pas d’agences de pub et n’étaient pas au service d’une marque. Elles provenaient de gens qui jusque là n’avaient encore jamais imaginé pouvoir un jour faire sourire 7 milliards de personnes, des gens dont les métiers n’ont rien à voir avec la créativité.

 

Et c’est là que ça devient intéressant. Parce que ça signifie qu’on a pour la plupart d’entre nous cette capacité à divertir, à étonner ou à faire rire les autres. Ça signifie qu’on a en nous, tout enfoui, tout au fond, une âme de créatif. Ce truc d’enfant qui veut faire marrer les autres sans se poser 100 milliards de questions, ce truc spontané, impossible à contenir et qui peut surgir n’importe quand, pour autant qu’il y ait un stimuli. Pas de prétest, pas de post test, pas d’échantillons de consommateurs quanti ou quali pour dire ‘’ mouais, je suis pas sûr ‘’.  Bref la spontanéité à l’état brut. Et qui s’est révélée durant cette période terriblement efficace.

 

Alors quelques questions se posent… Comment repérer cette créativité quand elle n’a jamais encore été sollicitée ? Comment ne pas passer à côté d’un talent créatif en devenir quand on est une école de création ? Comment faire émerger ce regard décalé sur les gens, les choses, les événements et la société ?

En provoquant un stimuli, en tendant des perches, l’air de rien. Au Quatre, c’est ce que nous avons mis en place en imaginant un concours d’entrée bien loin des concours classiques. Il n’y est pas question de culture générale ni artistique, mais plutôt une incitation à l’originalité, à la spontanéité, à l’imagination. Une suite d’images auxquelles nous demandons aux bacheliers de réagir out of the box. Il n’y a pas de bonne réponse, pas de mauvaise. Personne n’est ici ultra créatif et ce n’est pas la but. En revanche, cela donne une mine d’informations sur le potentiel des candidats et nous permet de savoir très vite si nous pouvons les embarquer dans l’aventure. Il nous est arrivé de valider une candidature sur une seule réponse. Parce qu’elle contenait le pied de nez ou la provocation qu’on attend chez un étudiant en création ou parce qu’elle bottait en touche avec intelligence, parce qu’on s’est dit qu’à partir de cette simple réponse, tout était possible.

Que nous pouvions écrire ensemble l’histoire de leur formation, celle qui enseigne les codes bien sûr, et celle surtout qui les désapprend pour leur ouvrir l’esprit sur les possibilités infinies de la créativité.